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Fiche document : Eisenhower et ""ses nombreuses campagnes en Afrique""

Dwight EISENHOWER

Eisenhower et ""ses nombreuses campagnes en Afrique""

Thématique : Hommes d'état

Description

Référence : LS 7803
Type de document : Reproduction d'une lettre signée
Date du document : 31 octobre 1947
Tirage limité à : 500 exemplaires

Prix TTC : 14,00 €

Contexte historique

L’année 1947 représente pour Eisenhower une année charnière. En effet, elle marque la transition entre la fin de sa glorieuse vie militaire et son entrée dans le monde de la politique en 1952. Après maintes tergiversations, il rejoindra les rangs du parti Républicain et remportera successivement deux élections présidentielles (en 1952 et 1956) grâce à son charisme et à un programme politique simple et rassurant.
Malgré un contexte international instable (la guerre froide, le containment de la Chine communiste…), sa Présidence sera caractérisée par le détachement dont il fera preuve à l’égard de ses amis politiques. Ce qui aura pour conséquence de favoriser l’atténuation des tensions qui caractérisent la vie politique d’un pays tel que les Etats-Unis.

Dans cette lettre, Eisenhower fait référence à l’année 1943 et à ses nombreuses campagnes militaires en Afrique. Il fait également de multiples commentaires à son interlocuteur à propos de son éventuelle entrée en politique tout en se défendant corps et âmes d’appartenir à un quelconque parti. Une étude approfondie de sa vie nous révèle qu’à de très nombreuses reprises, des partis politiques de tous bords ont tenté de récupérer l’image de ce héros de la seconde guerre mondiale. De plus il apporte un démenti fervent quand aux accusations qui sont portées sur son refus de s’engager. La presse annonçait déjà en 1947 qu’il avait rejoint les rangs du parti Républicain. Cependant, en 1948 il déclinera leur offre et tiendra sa position jusqu’en 1952.

Texte du document


DEPARTEMENT DE LA GUERRE
LE CHEF D’ETAT- MAJOR
WASHINGTON


31 Octobre 1947
PERSONNEL ET CONFIDENTIEL


Cher E.M.

Vous me donnez l’impression d’avoir été vexé lorsque, dans ma réponse (qui soit dit en passant a été rédigée de ma propre main) à votre dernière lettre de cet été, j’ai mentionné le fait qu’au court des 36 dernières années vous soyez resté le même. Sans chercher à me trouver des raisons pour justifier mon manque d’attention, il n’en reste pas moins vrai que le nombre de lettres que j’écris est pour le moins inhabituel. Aucun de mes véritables amis n’a jamais eu une seule bonne raison de penser que je tentais de me détourner de lui. Naturellement, si à ce moment je n’étais pas passé à côté de ce point important j’aurai répondu plus amplement à votre lettre pour la simple et bonne raison que seulement 1% des communications que je reçois provient de vieux amis, et plus particulièrement de vieux camarades soldats et de conscrits.

Premièrement, vous avez l’air de penser que lors ma campagne pour soutenir le programme « universel d’entraînement militaire »
j’ai fait preuve de timidité. Je pourrai vous envoyer une liste complète d’enquêtes du Congrès, de discours publics ainsi que des enregistrements de conférences de presse dans lesquels je m’exprime avec la plus grande fermeté en faveur du programme « Universel d’Entraînement Militaire » et ce depuis nos campagnes militaires en Afrique, en 1943. En fait, j’ai continué à m’exprimé alors même que d’autres défenseurs du projet U.E.M. me suggéraient de me taire, car à ce moment, l’attention du Congrès ainsi que celle du public étaient retenues par d’autres préoccupations. Je n’ai pas attendu que quelqu’un me prenne la main pour m’exprimer sur ce sujet. En fait, hormis quelques soldats et un ou deux vieux amis, je me suis longtemps senti bien seul dans cette « bataille »(lutte).

Bien entendu, je vous laisse être le libre arbitre de vos opinions.
C’est votre droit le plus légitime. Cependant, lorsque vous laissez entendre que les causes pour lesquelles je me suis démené ont très récemment étaient assimilées à de simples problèmes de convenance, je vous renvois, pour vous prouver votre erreur, à la multitude de preuves contraires présentes dans les archives.

Dans ma lettre précédente, tout ce que j’ai mentionné sur la politique ne peut certainement pas s’appliquer aux domaines qui engagent la sécurité de notre pays. Je parlais simplement de sujets sans rapports avec le monde militaire et qui ne sont pas sous la responsabilité de l’armée. Par exemple : Un commentaire sur le New Deal ! (Plan de stimulation économique Américain connu sous l’appellation « nouvelle donne »).

Vous avez consacré une large part de votre lettre à aborder les affaires politiques, et plus particulièrement celles susceptibles de me toucher personnellement. Il est vrai qu’un bon nombre d’amis, d’accointances, et de vieux associés à travers le pays ont commenté mon éventuelle entrée en lice pour la Présidence. Cette pensée a traversée l’esprit de tous ceux qui ont eu leur nom cité favorablement dans la presse et je ne vois pas pourquoi je devrais m’en réjouir. C’est pourquoi je réitère ce que j’ai déjà dit ; Je ne veux aucunement faire de la politique. Jamais personne, au moins depuis Washington, n’a été projeté à la Présidence sans son propre consentement ou du moins sans sa complicité, je reste sur mes positions et je ne considère pas qu’il serait opportun, ni même de bon goût, de faire d’autres déclarations à ce sujet. Si, dans le futur, il arrivait que vous trouviez un quelconque document qui prétend rapporter mon désir d’accéder à une carrière politique, je compte sur vous pour me l’envoyer et pour me rappeler, par la même, mes propos à ce sujet.

Vous semblez être grandement impressionné par ce que Shermann à dit sur ce qui est applicable à chaque citoyen dont le nom pourrait (à n’importe quel moment) être mentionné de façon fortuite comme prétendant à la Présidence. Vous êtes vous déjà penché sur les circonstances dans lesquelles il a tenu ces propos ? Pendant 20 ans il a été incité par de nombreuses personnes pour prendre part à la vie politique et il a toujours refusé. Finalement en 1884 une convention politique était effectivement en session. Elle n’a pas abouti. Les responsables ont parlés avec lui et lui ont demandés si il ne voulait pas devenir le porte-parole de leur unité. Bien entendu, en de pareilles circonstances, sa réponse était parfaitement appropriée. On lui offrait certainement quelque chose mais il n’avait certainement pas à ce sentir obligé de s’engager dans une activité qu’il avait en horreur. Surtout, lorsqu’il s’est aperçut que les leaders politiques tentaient de ce servir de sa popularité pour sortir leur parti de l’oubli.

Franchement, la raison pour laquelle je vous parle de cela est que dans votre lettre vous m’accusez d’avoir tenu des propos équivoques. Je suis étonné que malgré notre éloignement et en considérant le nombre d’année qui nous sépare de notre dernière rencontre vous vous sentiez suffisamment compétent pour me juger en de tel termes, moi, un si vieil ami. Cependant, je peux comprendre votre affirmation visant à dire que l’hypocrisie est monnaie courante à Washington, mais je ne comprend pas que cela suffise à convaincre ceux qui y sont confrontés de la servir. Je ne me suis jamais dérobé aux questions légitimes ou bien menti délibérément lors de conférences de presse données en public quoi que puissent en dire certains articles. Assez de tout cela.

Dans une semaine environ ce tiendra un déjeuné avec les anciens des promotions de 1915 de l’armée de terre et de la marine. C’est le premier auquel je pourrai assisté depuis des mois mais je transmettrai tes amitiés et tes salutations aux deux corps d’armée en présence. Si tu trouves le moyen de revenir d’ici là, n’hésites pas à passer me saluer. Je t’assure que tout ceux qui veulent me voir n’ont qu’a trouver un aide de camps et ce présenter comme de vieux amis de conscription ou d’anciens compagnons soldats.

J’espère que tu considérera, à juste titre, cette lettre comme étant entièrement personnelle et confidentielle, et la prochaine fois que tu aura l’envie d’accuser un vieil ami de maux desquels tu ne te rendrai pas toi même coupable, j’espère que tu évitera de tirer des conclusions trop hâtives.


Cordialement

(signature)

M Earl M. Price
1620 G street
Bakersfield
Californie

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