
Thématique : Les musiciens
Référence : BERL13_3945
Type de document : Reproduction d'un manuscrit autographe signé
Date du document : 12 décembre 1845
Taille du document : 2 pages de 14 cm x 22 cm
Tirage limité à : 1000 exemplaires numerotés
Attention : les tirages numérotés à 1000 ex. ont un numéro d'imprimerie inscrit sur le document
Prix TTC : 14,00 €
Toujours flanqué de Marie Recio, qui ne le lâche pas un instant, Berlioz part pour Vienne, le 22 octobre 1845. La raison principale de ce voyage est évidemment d’ordre matériel, les deux ménages du musicien lui coûtent cher ; de surcroît, une fois encore, Berlioz va chercher à l’étranger une consécration que son propre pays lui refuse. Arrivé le 2 novembre, Berlioz est accueilli par son ami Liszt, qui lui a préparé le terrain ; il donne un premier concert le 16 au célèbre théâtre An der Wien, suivi d’un second, dans la même salle, une semaine plus tard, au cours duquel l’une de ses oeuvres, I’Ouverture du Carnaval Romain, est trissée. De ce succès, selon son habitude, le musicien se fait largement l’écho, notamment dans cette lettre à Maurice Schlessinger et aussi auprès de son ami Ortigues auquel il mande... en exagérant un peu: “ le public viennois se soulève d’enthousiasme à chaque représentation... On fait jusqu’à des pâtés qui portent mon nom"".Le 10 décembre, veille de son anniversaire, Berlioz est fêté par une centaine d’admirateurs appartenant au milieu intellectuel de la ville et se voit offrir un bâton de chef d’orchestre en vermeil, au cours d’un banquet organisé en son honneur. Il donnera encore plusieurs concerts à Vienne, avant de partir diriger certaines de ses oeuvres à Budapest et à Prague, où le public lui réservera un accueil chaleureux. Durant son séjour dans la capitale de l’Empire autrichien, il sera présenté au vieux chancelier Metternich.Désirant que l’écho de ses succès arrive jusqu’à Paris, Berlioz insistera auprès de son ami Schlessinger pour que les articles de presse le concernant soient traduits en français, d’où la lettre ci-dessous.
Vienne 12 décembre 1845Mon cher MauriceJe vous envoie des nouvelles tout à fait musicales qui m’intéressent prodigieusement et qui, je l’espère, vous paraîtront devoir intéresser un peu mes lecteurs. C’est à la Gazette Musicale de Paris qu’il convient de publier la première ce que je vais vous raconter. Mon succès ici va croissant d’une façon incroyable et l’affaire d’hier soir ne fera que l’augmenter. Votre frère a du vendre beaucoup d’exemplaires du Carnaval Romain, car on les fait tous venir de Berlin au lieu de s’adresser à vous, à cause de l’éloignement de Paris. Je vais donner dans quelques jours mon 4ème concert pour lequel nous montons Roméo et Juliette, avec les prix du loyer quadruplé. Mr Hoven (Wesque de Pullingen) a voulu absolument arranger Harold à 4 mains, il vous écrira à ce sujet, pour la publication. Je puis donc vous assurer que c’est supérieurement arrangé. Maintenant tournez, voici ma nouvelle :P.J.(pièce jointe)Vous seriez bien aimable si vous mettiez ce petit article dans le corps du journal en texte ordinaire au lieu de le reléguer parmi les nouvelles. Enfin, faites de votre mieux.Tout à vous.Mille amitiés à Heller Ernst lui dit aussi bien des chosesHector BerliozSi vous voulez faire traduire pour la Gazette musicale de Paris les articles du docteur Bacher de la Gazette musicale de Vienne ils offriraient je crois beaucoup d’intérêt. On dit ici que ce sont d’admirables critiques très profondes et très bien écrites. Du reste vous recevez je crois ce journal...Deuxième postcriptumVoulez vous faire envoyer à mon adresse rue de Provence 41 un numéro de la gazette contenant l’article ci-joint dès qu’il aura paru.Vienna 12th December 1845My dear Maurice,I am sending you some completely musical news, which interest me prodigiously and which I hope will appear to you as likely to interest my readers. It is in the “Gazette musicale de Paris” (music newspaper of Paris) that what I am going to tell you, must be published first. My success here is unbelievably growing and yesterday evening’s business is just going to increase it. Your brother must have sold many copies of the “Carnaval Romain” (Roman Carnival), because one makes them come from Berlin instead of contacting you , because of the distance with Paris. In a few days, I am going to give my 4th concert for which we are staging Romeo and Juliet, the price of the rent being increased fourfold. Mr Hoven (Wesque de Pullingen) wanted absolutely to arrange Harold on a duet, he is going to write to you on this subject, for the publication. I can therefore assure you that it is exceptionally arranged. Now turn over the page, here is my news:Encl.You would be very kind to put this small article in the body of the newspaper instead of relegating it among the news. In the end, do your best.Yours sincerely.My kindest regards to Heller, Ernst greets him as wellHector BerliozIf you wanted to get the articles of the doctor Bacher of the music newspaper from Vienna for the “Gazette musicale de Paris”, they would be, I believe, very interesting. One says here that they are wonderful critics, very profound and well written. Moreover I think you receive this newspaper.Could you get a copy of the newspaper containing my article sent at my address “rue de Provence 41” as soon as it is comes out.
Prix TTC : 14,00 €